Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 21:17

 

A l'occasion d'un meeting tenu, déjà, place de Stalingrad, il y a plusieurs années, Patrick Le Hyaric avait eu cette exclamation :

 

"Nous sommes les élus de la morale".

 

morale.gif J'avais été frappé par la formule, mais je n'en comprends qu'à peine la signification réelle. Dans son esprit, comme dans celui des dirigeants du Front de gauche, Parti Communiste y compris, les positions sont prises au regard de critères essentiellement moraux, je veux dire par là qu'elles sont formulées au regard d'une grille de valeurs, donc nécessairement arbitraires, rassemblées sous le concept de "gauche". Cela s'oppose à la grille de lecture du marxisme historique, qui définissait son positionnement en fonction d'une analyse matérialiste de la société ayant pour but de mettre en évidence les contradictions dans les intérêts objectifs, mais pas forcément perçus comme tels, des différents groupes sociaux, réduits, en dernière analyse et en dernière analyse seulement, en une opposition entre le capital et le travail (1).

 

Une première illustration de cette façon de penser est la sociologie politique de comptoir qui nous est régulièrement servie dans la littérature du PCF et dans l'Humanité. Le "peuple de gauche" y est érigé en une classe en soi : il existe ! me dit-on. Mais qui en fait partie ? Impossible de le savoir, ni de le théoriser. On ne comprends pas, dès lors, pourquoi les classes sociales (hein ? quoi ?) votent comme elles votent, si ce n'est pas adhésion à un corpus d'idées qui leur plairaient, comme certains préfèrent manger de la viande avec de la moutarde qu'avec du ketchup. Mais, ce faisant, on accepte aussi qu'une partie des ouvriers votent contre leurs intérêts objectifs. Mélenchon ne cesse de dire qu'une frange des classes populaires a toujours voté à droite, et que c'est elle qui forme les contingents populaires tantôt de l'UMP, tantôt du FN. Il devient dès lors légitime d'insulter cette partie de la population, qui serait passée de la droite républicaine au FN, ceci étant par ailleurs justifié par les sondages qui indiqueraient une adhésion de 30% aux idées du FN ; inutile de s'y intéresser, de chercher à la comprendre, ni même de formuler des objectifs politiques fondant une démarche offensive contre le FN. Le Pen a eu le beau rôle en prétendant que Mélenchon insultait de fascistes, à travers sa personne, les 30% d'ouvriers qui votent FN, et qui l'ont encore été par Mordillat et Ducoin dans l'Humanité du weekend du 1er mai. Et pour cause : on ne les considère pas comme dotés de raison et comme votant pour le candidat ayant formulé des propositions répondant à leurs intérêts, mais comme ayant choisi le "côté obscur" (sic). Ceci permet de masquer les lacunes considérables du vote Mélenchon dans les campagnes, traduction du raté complet de sa campagne sur les thèmes de la ruralité (réduite à l'agriculture, et caricaturée en agriculture bio...) et de l'accès concret aux services publics (thème sur lequel, par contre, Marine Le Pen a beaucoup insisté). Mais comme le dirigeant "de gauche" a mauvaise conscience, il invente une sociologie où l'ouvrier qui vote à gauche est un ouvrier, tandis qu'un ouvrier qui vote à droite n'est qu'une personne de droite : donc les ouvriers votent tous à gauche, et l'honneur est sauf. Par quelle grâce céleste ce corps social se trouverait magiquement disposé à voter à gauche, personne ne le dit, sauf peut-être par un attrait naturel pour les "valeurs" de gauche... Ce faisant, distinguant le bien (la gauche) du mal (la droite) indifféremment des conditions sociales et historiques données, on en vient à un sectarisme aveugle à l'endroit de la droite, à laquelle on ne parle pas, pas plus qu'à son électorat (puisque les classes sociales n'existent pas et qu'il n'y a que l'électorat qui compte). Marie-George Buffet a mis cette vue simpliste en action lors de sa triste campagne présidentielle, en adoptant pour slogan "Rassembler la gauche", ce qui constitue naturellement le sujet d'intérêt du travailleurs obligé de prendre sa voiture pour aller travailler dans une usine, faire ses heures supplémentaires obligées par le patron, au risque de rester au SMIC qui ne permet pas de payer le loyer, les courses et les études des enfants... Un peu avant, ce sectarisme avait conduit à analyser la victoire du NON au référendum comme dominé uniquement par l'antilibéralisme, sans une dimension de rejet de la supra-nationalité... permettant à l'extrême-droite d'occuper intégralement le terrain du rejet de l'union européenne et de l'euro ; car au Front de gauche, comme à Syriza en Grèce, on est pour une "Europe sociale".

 

Une deuxième illustration de cette orientation moraliste de la "gauche de la gauche" est, justement, sa sanctification de la "gauche". Il y a bien des désaccords, mais, au fond, la gauche, "c'est le rassemblement, l'espoir, le rêve même" (Brigitte Dionnet, l'Humanité, 30 décembre 2010). Depuis la gauche plurielle, "la gauche" est mise à toute les sauce. Il n'y a plus de travailleurs, d'ouvriers, a fortiori de communisme ou de socialisme : il n'y a que "la gauche". De ce fait, on accepte tout et n'importe quoi du PS, et on en est réduit, à son égard, à des injonctions, des pleurnicheries, à en être l'aiguillon vers la gauche. Pour quel résultat ? Aucun. Hollande le sait bien, qui a refusé de négocier quoi que ce soit entre les deux tours, car il savait inéluctable le ralliement du Front de gauche et de ses électeurs à sa candidature. Mélenchon peut bien prétendre que c'est grâce au FdG que Mélenchon a été battu, et prendre ses grands airs en disant qu'il a appelé à voter pour lui "sans rien négocier" : en fait, il ne le pouvait pas. Pourquoi ? Parce que le Front de gauche aurait en horreur l'idée de faire perdre le PS. Coincé dans une posture "de gauche", pour ne pas dire gauchiste, il n'avait pas le choix, tout simplement. Comme il n'y a pas de stratégie de long terme au Front de gauche (ce qui est pour partie la conséquence de l'absence d'analyse sérieuse de la société, pour partie la manifestation d'une paresse et d'un opportunisme de la part de ses dirigeants), au deuxième tour, il n'y avait que des mauvaises solutions à prendre. Faisant battre Hollande, il faisait réélire Sarkozy. Faisant gagner Hollande, il se retrouve à soutenir que la gauche est majoritaire en France. C'est vrai dans les urnes, mais il n'y a rien de moins sûr que les classes sociales qui auraient intrêt à un "changement, maintenant" aient été mises en mouvement pour conquérir de nouveaux droits sociaux.

 

Une dernière illustration de la composante moralisatrice du Front de gauche est l'adhésion, comme déjà dit, à un corpus arbitraire de valeurs apparaissant comme "le bien". Abandonnant de fait le terrain social, celui des intérêts objectifs des groupes sociaux, on aboutit forcément sur celui des questions sociétales, celui des modes de vie, et principalement des valeurs individuelles, qui prennent une place désormais importante dans le débat, parce que "c'est bien". Je ne dis pas que c'est forcément "mal" de faire ainsi, mais c'est simplement prendre les problèmes du mauvais côté et, de fait, on se rend compte que même des adversaires politiques, qui eux ont bien compris leurs intérêts de classe, arrivent aux mêmes conclusions. Ainsi on est pour le mariage des homosexuels (et moi aussi d'ailleurs), comme maintenant beaucoup de gens de l'UMP. Mais il est des sujets nettements plus importants sur lesquels les positions du Front de gauche sont ahurissantes, car prises seulement au regard d'un humanisme bien naïf : ainsi des positions "ni-ni" en politique internationale (Serbie, Irak, Libye, bientôt Syrie), sans qu'une analyse de l'impérialisme contemporain soit à peine esquissée ; ainsi du droit de vote des étrangers, qui relève d'un sentiment très généreux, mais qui évite toute réflexion, notamment historique, sur la notion de nationalité (j'en ai déjà parlé sur ce blog) ; ainsi de la régularisation de tous les sans-papiers, qui ne peut que donner le feu vert à de nombreux hommes de pays pauvres à s'embarquer sur les pirogues prenant l'eau pour des semaines de navigation pour finir affamés ou noyés dans l'Atlantique ou dans la Méditerrannée (sans parler de la saignée de la main d'oeuvre locale que cela représente, alors que ces pays ont besoin de tous leurs citoyens valide ; cette remarque s'applique aussi aux pays en révolution, tels la Tunisie, dont le Front de gauche a soutenu tous les émigrés... au moment où Ben Ali venait de dégager !). Ce Don-Quichottisme se substitue même à toute anticipation des évènements. On dit que "gouverner, c'est prévoir" ; autrement dit, il faut avoir un fusil à plusieurs coups et des solutions de rechange. Un exemple patent où ce n'est pas le cas : l'Europe. Le Fdg nous vante les mérites d'une refonte de l'Union européenne et de l'euro. Mais comment procéder ? Rien n'est dit. Et si ça ne marche pas, qu'est-ce qu'on fait ? Impossible de le savoir.

 

Cette absenc de réflexion matérialiste, cette absence de stratégie à long terme, cet opportunisme, conduisent à une situation où, après une campagne électorale réussie et qui a rassemblé des millions de voix, le Front de gauche se trouve finalement embarassé par la nouvelle situation qui s'ouvre avec l'élection de François Hollande. En particulier, on est bien en peine pour trouver un dirigeant, hormis Mélenchon qui a dit non d'avance mais par pur gauchisme, qui ait une analyse approfondie des rapports à avoir avec le PS, et qui en conclurait quelque chose sur la participation au gouvernement : c'est la seule raison pour laquelle on faire voter les adhérents après les législatives... mais aussi parce que "la démocratie, c'est bien".

 

 

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(1) La première analyse, par opposition à la dernière, se doit de décrire, avec le plus de finesse possible, l'état réel de la société, fût-ce en apparence contradictoire avec l'opposition susmentionnée ; mais il s'agit là d'un problème de méthode scientifique : ceux qui n'ont pas compris le marxisme comme une science prennent les conclusions pour des postulats et inversement...

 

Par Le fraternel - Publié dans : Parti Communiste Français
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 19:30

 

A ceux qui, comme moi, prennent comme une claque le score du FN, il appartient d'étudier la réalité, pour la comprendre et la transformer. Au lieu de ressasser toujours les mêmes analyses plus dictées par l'idéologie que par l'analyse concrète des situations concrètes, il faut s'appuyer sur les éléments chiffrés disponibles. C'est pour cela que je fais ici état d'une étude conduite par l'institut IPSOS le jour même du vote, disponible à l'adresse http://www.ipsos.fr/ipsos-public-affairs/actualites/2012-04-22-comprendre-le-vote-des-francais

en mettant l'accent sur les différences entre les réponses des électeurs de Le Pen et de Mélenchon, puisque c'est cela qui m'intéresse.

 

Je précise immédiatement que, s'il convient évidemment de combattre le FN en tant que parti et en tant que moteur idéologique et politique de la régression en France, ma démarche ne vise pas à autre chose qu'à en comprendre l'électorat pour le reconquérir.

 

SOCIOLOGIE DES ELECTORATS

 

Le Pen et Mélenchon sont des candidatures qui attirent plus les hommes que les femmes (21% et 14%, contre 15% et 9% respectivement). Dans toutes les classes d'âges, Le Pen séduit plus que Mélenchon ; Mélenchon attire cependant moins les 18-24 ans (8% de la classe d'âge) que les 25-34 ans (13%), les autres étant entre 11 et 12%. Le Pen est moins forte chez les plus de 60 ans (13%) mais très forte chez les 35-44 ans (23%).

 

Plus intéressant : la profession de l'électeur. 25% des artisans, commerçants et chefs d'entreprises votent Le Pen (3% pour Mélenchon) : jusque là c'est normal. Là où il y a un vrai problème, et où les théories touchant à l'absence de porosité entre les classes populaires et le vote frontiste volent en éclat, c'est quand on voit que pour toutes les autres catégories, c'est chez les plus élevées que Mélenchon séduit plus que Le Pen : professions libérales et cadres (9% contre 8%), professions intermédiaires (14% contre 12%) ; et chez les moins élevées c'est bien Le Pen qui est devant : employés (21% contre 12% à Mélenchon), ouvriers (29% contre 11%), retraités (14% contre 12%). Il est donc temps, plus que temps que le PCF cesse de faire l'autruche et congédie ceux des ses dirigeants qui, soi-disant experts du FN, nous expliquent doctement que les classes populaires ne votent pas pour le FN. Qu'est-ce qui les en empêcherait ? Une constitution particulière ? Il s'agit d'une vue de l'esprit bien pratique pour évacuer ses propres responsabilités dans cette situation.Il aurait été intéressant, dans cette étude, de faire cependant figurer la taille de l'entreprise dans laquelle travaillent les électeurs, et d'y examiner les corrélations avec leur vote.

 

Le statut de l'électeur est aussi intéressant : les salariés du public (19% contre 14%) et du privé (20% contre 9%) placent Le Pen devant Mélenchon. Les salariés à leur compte aussi (ce qui est plus normal : 17% contre 5%) ; seuls les chômeurs mettent Mélenchon devant (19% contre 18%), de justesse.

 

La qualification est également révélatrice : chez toutes les catégories moins diplômées que Bac+3, Le Pen devance Mélenchon : pas de diplôme (19% contre 14%), CAP/BEP (21% contre 13%), Baccalauréat (21% contre 9%), Bac+2 (17% contre 8%) ; Bac+3 et au delà : 11% pour Mélenchon contre 10% à Le Pen.

 

Dans tous les niveaux de revenus, Le Pen est en tête : moins de 1200 euros (19% contre 13%), entre 1200 et 3000 (19% contre 11%), plus de 3000 (15% contre 11%). On peut aussi s'intérroger sur l'homogénéité du vote Mélenchon entre revenus inférieurs à 1200 et supérieurs à 3000 euros.

La catégorie d'agglomération montre là aussi que, partout, Le Pen est devant : en zone rurale (20% contre 11%), dans les villes de moins de 20000 habitants (17% contre 11%), celles de 20000 à 100000 habitants (17% contre 13%), et plus de 100000 habitants (16% contre 10%).

 

L'examen des votes de 2007 montre que 45% des électeurs de l'extrême-gauche, du PCF et des Verts réunis à cette époque ont voté Mélenchon, mais 5% Le Pen. 15% des électeurs de Royal ont voté Mélenchon, contre 6 à Le Pen. 8% des électeurs de Bayrou ont voté Mélenchon, contre 9 à Le Pen. 13% des électeurs de Sarkozy ont voté Le Pen cette année, et 2% seulement Mélenchon. Enfin, 75% des électeurs de Le Pen père ont voté Le Pen fille cette année, mais 2% Mélenchon. La stratégie de l'attaque frontale de Le Pen a-t-elle contenu le FN ? Elle ne semble donc pas avoir permis d'en faire revenir des électeurs.

 

7% des sympathisants communistes ont voté Le Pen, mais 64% Mélenchon ; la moyenne des sympathisants de gauche votant Le Pen est de 3% seulement, contre 23% Mélenchon. Le Pen est forte chez les sympathisant du FN (88% de vote, contre 2% pour Mélenchon) et chez les sympathisants d'aucun parti (26%, contre 8% à Mélenchon).

 

Par ailleurs, Le Pen récolte à peu près autant d'électeurs décidés il y a plusieurs mois (18%) qu'il y a quelques semaines (16%) ou ces derniers jours (17%), alors que Mélenchon capte 21% des décidés d'il y a quelques semaines et 13% de ces derniers jours, 8% des décidés il y a plusieurs mois se portant sur lui.

 

Enfin, Le Pen capte l'électorat catholique (20% contre 7%), Mélenchon étant plus fort chez les autres religions (14% contre 8%) et les sans religion (17% contre 16%).

 

LES ABSTENTIONNISTES

 

Plus du quart des moins de 34% s'abstiennent ; 24% des professions intermédiaires, 23% des employés, et pire 29% des ouvriers s'abstiennent ; les salariés du public s'abstiennent de la même façon (25%) dans le public et le privé et les chômeurs un peu plus (27%). Une personne non-diplômée sur trois (32%) s'abstient ; un peu plus (34%) des personnes gagnant moins de 1200 euros s'abstient. Le plus fort taux d'abstention se trouve dans les villes de 20000 à 100000 habitants (23%). 35% de ceux qui ne se sentent proches d'aucun parti s'abstient, mais 19% des proches du FN, contre 11% des proches du PCF. Paradoxalement, 15% ayant voté Buffet en 2007 s'abstient, contre 13% des électeurs de Le Pen en 2007 (et 24% de ceux de Bayrou). 13% de ceux qui se déclarent "très à gauche" s'abstiennent, et 10% des "très à droite" (et 22% de ceux du centre). Mais 39% de ceux qui ne reconnaissent ni à droite ni à gauche s'abstiennent. Les raisons de l'abstention tiennent à l'absence d'espoir porté dans cette élection (pas de candidat convaincant, pas de foi dans le changement, mécontement).

 

LE MOMENT DU CHOIX

 

62% des électeurs de Le Pen ont fait leur choix "il y a plusieurs mois", 17% "il y a quelques semaines", et 12% "ces derniers jours" : c'est donc un vote de longue date, traduction de problèmes récurrents qu'une campagne électorale n'affecte que peu. En revanche, Mélenchon a le plus faible taux de "il y a plusieurs mois" (42%) et le plus fort de "il y a quelques semaines" (37%), preuve du dynamisme de sa campagne.

 

LES MOTIVATIONS DU VOTE

 

67% des électeurs de Le Pen disent qu'elle répond à leurs préoccupations (57% pour Mélenchon), et elle représente le changement pour 55% de ses électeurs (65% de ceux de Mélenchon) ; elle n'inspire confiance qu'à 11% de son électorat cependant (17% pour Mélenchon). Les deux sont vus par leur électorat comme proches des français avec le même taux (32%).

 

LES ELEMENTS DETERMINANTS DANS LE VOTE

 

A 84%, ce sont les enjeux nationaux et les problèmes qui se posent en France (d'où l'absurdité de prétendre "changer l'Europe" : ça n'intéresse personne, et à plus de 80% pour tous les candidats). En second lieu, 58% c'est le programme des candidats (69% chez Mélenchon, 57% chez Le Pen), à 57% le bilan de Sarkozy (67% chez Mélenchon, 52% chez Le Pen). La capacité à voir le candidat au 2e tour est importante chez les électeurs de Le Pen (45%), et moins chez ceux de Mélenchon (32%).

 

Les motivations des électeurs de Mélenchon sont clairement sociales (pouvoir d'achat, crise, chômage, inégalités), celles de ceux de Le Pen sont l'immigration et l'insécurité, mais aussi le pouvoir d'achat.

 

Deux tiers (65%) des électeurs de Le Pen veulent exprimer leur soutien à leur candidat (77% chez Mélenchon), 35% leur opposition à un autre (23% chez Mélenchon). Mais par rapport à Sarkozy, 86% des électeurs de Mélenchon veulent le sanctionner, contre 49% de ceux de Le Pen ; mais 40% de Le Pen ne veulent ni le soutenir ni le sanctionner, c'est-à-dire exprimer autre chose.

 

L'INTERET POUR L'ELECTION

 

85% des électeurs de Mélenchon ont été intéressés par la campagne (72% de ceux de Le Pen, le plus faible taux). 50% des électeurs de Mélenchon l'ont trouvée intéressante, contre 38% chez Le Pen.

 

LA SITUATION DU PAYS

 

Les électeurs de Le Pen (93%) et Mélenchon (97%) s'accordent pour trouver mauvaise la situation du pays. 84% des électeurs de Mélenchon pensent qu'elle se dégradera avec Sarkozy (55% de ceux de Le Pen ; mais 31% disent "ni dégradation ni amélioration"). 40% des électeurs de Mélenchon pensent que la situation s'améliorera avec Hollande (7% chez Le Pen), et 13% qu'elle se dégradera (67% chez Le Pen), mais 47% ni l'un ni l'autre (26% chez Le Pen).

 

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L'examen géographique des scores de Mélenchon montre qu'il est sous les 10% dans 31 départements : 01, 06, 08, 10, 15, 2A, 2B, 21, 28, 41, 45, 49, 50, 51, 52, 53, 55, 57, 61, 67, 68, 70, 74, 78, 85, 88, 971, 972, 973, 974, 976, ainsi qu'en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie, à Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna, Saint-Martin, Saint-Barthélémy et parmi les Français établis hors de France. Il devance Le Pen dans 9 départements : 09, 46, 65, 75, 92, 93, 94, 971, 972 et chez les Français établis hors de France. A l'échelon régional, il ne dépasse pas les 10% dans les régions Alsace, Champagne-Ardennes, Corse, et Basse-Normandie. Dans aucune région cependant il ne dépasse Le Pen.

 

Dans les villes de plus de 100 000 habitants (au nombre de 41), il dépasse les 10% dans 36 d'entre elles, et dépasse Le Pen dans 20.

 

Ces résultats proviennent de la page Wikipédia consacrée à ce sujet, qui reprend les chiffres du Ministère de l'Intérieur : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9sultats_d%C3%A9taill%C3%A9s_de_l%27%C3%A9lection_pr%C3%A9sidentielle_fran%C3%A7aise_de_2012

 

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Les cartes disponibles sur le site internet du journal Le Monde montrent par ailleurs que le vote Mélenchon a été structuré par le vote communiste habituel. Les zones de forts résultats de Mélenchon se superposent à celles de Buffet en 2007, avec bien évidemment un facteur amplificatif. On retrouve ainsi l'Allier, le Limousin, le Languedoc, la Provence, les Sud-Ouest, le sud de la région Centre, le coeur de la Bretagne, la ceinture rouge francilienne, la Seine Maritime, le Nord-Pas-de-Calais, le Puy-de-Dôme, Sartène et le nord de la Meurthe-et-Moselle.

 

Le Pen est forte au nord d'une courbe partant du Mont-Saint-Michel, englobant la région Centre, la Bourgogne, la Franche-Comté, avec cependant des trous, qui ne sont autres que les grandes villes. Son influence se situe ensuite au sud, dans le couloir rhodanien, le Gard évidemment, ainsi que sur l'ensemble du pourtour méditerrannéen, en Corse et le long de la Garonne.

 

Enfin, les résultats dans les villes où des entreprises sont en lutte ne montrent pas de déplacement significatif du vote vers Mélenchon. Ces villes votent avant tout comme les autres.

 

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Si une synthèse de ces résultats est possible, je m'incline à livrer que l'électorat FN est, certes, un électorat de droite en voie de radicalisation, mais pour autant, c'est aussi, et surtout un vote traduisant la frustration face à la relégation sociale, territoriale, culturelle. Les discours, certes populistes, attaquant les "élites parisiennes" ont eu un écho parce que, précisément, il y a bien une rupture entre des classes sociales intégrées, citadines, qui disposent de services publics en état de fonctionnement, et celles, reléguées en zone rurale, délaissées par les transports, la poste, la SNCF, les forces de l'ordre, les services de santé, l'éducation nationale, la justice, les entreprises aussi, et qui ont le sentiment de l'impuissance des élus. L'abstention et le vote FN ne trouvent pas selon moi d'autres sources. L'adhésion aux thèmes de l'immigration et de l'insécurité sont une forme de détournement de l'attention sur des faux problèmes. Le vote FN est structuré par les conditions économiques et sociales de son émergence ; n'y voir qu'une adhésion idéologique, coupée de toute situation de vie concrèt, est faire l'autruche. Une campagne électorale ne suffit donc pas à le faire reculer : c'est principalement par une politique musclée et volontariste de réaménagement du territoire, de resocialisation du territoire de la république (au sens de re-tissage de liens entre les citoyens) que le vote FN s'érodera et s'éteindra. Cela passe par des politiques publiques puissantes dans le domaine économique, et de redéploiement de l'administration et des services publics au plus près de nos concitoyens. 

 

Quelle attitude adopter à l'égard du FN ? On ne peut en effet traiter par le mépris 6,4 millions de français qui votent FN, ni les considérer comme des nostalgiques de Vichy. Mais il n'est pas acceptable non plus de voir leur positionnement politique comme figé et comme une donnée extérieur à laquelle il faudrait s'adapter. Pour autant, ce vote veut néanmoins dire quelque chose, et il y a bien des problématiques auxquelles il faut donner des réponses.

 

Se pose enfin la question de l'objectif politique des attaques de Mélenchon contre le FN, qui étaient les bienvenues naturellement. S'agissait-il de regagner des électeurs des classes populaires votant à l'extrême-droite, de les ramener ou de les maintenir dans le giron de la droite républicaine, ou juste de montrer aux médias et à la classe politique que la "dédiabolisation" du FN n'était qu'un leurre ?

Dire que le FN n'est qu'un électorat de droite qui se radicalise revient à ne rien dire : qui sont ces électeurs ? Où vivent-ils ? Que font-ils dans la vie ? Quels sont leurs revenus ? Le PCF et le front de gauche ont vocation à défendre la classe ouvrière ; un ouvrier, qu'il vote à gauche, à droite ou à l'extrême-droite, est notre cible. Il faut élever sa conscience de classe et l'amener sur nos positions. C'est en cela que la campagne de Mélenchon, bien que positive sur de nombreux points, a connu une faiblesse : le monde rural n'était pas son fort. Il est passé en coup de vent au Salon de l'agriculture, et a alterné les déplacements dans les entreprises en lutte (dont on a vu la faiblesse du résultat) et dans les villes (ce qui a donné des résultats) ; mais il a fait peu de cas du monde rural, si ce n'est en défendant une agriculture moins productiviste, ce qui me semble marqué du sceau idéologique des écologistes qui l'entourent, et caricatural, car le monde rural est, certes, agricole, mais plus seulement, loin de là. Défendre les services publics est une question sociale et politique, oui, mais c'est aussi un élément d'aménagement du territoire et d'expression de la souveraineté de l'Etat sur le territoire qu'il a à administrer. C'est donc l'élément matériel de création de lien entre les citoyens, qui leur permet de se tenir les uns les autres, d'être "solidaires" en acte, de n'en abandonner aucun, de n'en laisser aucun à l'écart. Bref, tout ce dont se plaignent les électeurs du FN, et auxquels la gauche n'a rien à répondre. Le Pen ne leur donne pas de solution (tout en proposant le retour des services publics, elle prêche pour des baisses drastiques d'effectifs de fonctionnaires), mais est la traduction de ce mécontentement.

 

Faire reculer le FN n'est donc pas qu'une affaire de campagne électorale, mais de politique publique, de politique économique, et d'aménagement du territoire. Et pendant la campagne électorale, il faut clairement formuler l'objectif politique dont les attaques du FN (ce qui ne veut pas dire attaque de son électorat) sont le moyen ; cette année, je crains que les attaques du FN n'aient été qu'une fin en soi, pour contenir son vote (Mélenchon l'a implicitement reconnu dimanche à Stalingrad en se félicitant que ses attaques aient limité son influence électorale), et pas vraiment mis au service d'une stratégie de reconquête de l'électorat populaire qui se porte, contrairement aux idées fixes développées place du colonel Fabien, pour environ un tiers, sur l'extrême-droite.

 

 

Par Le fraternel - Publié dans : Politique
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Vendredi 20 avril 2012 5 20 /04 /Avr /2012 08:15

 

affiche-FG.jpg D'aucuns ironiseront sur le supposé changement d'opinion me concernant à propos de Jean-Luc Mélenchon. Peu importe. Je l'avais découvert en 2005, je connaissais déjà ses talents oratoires, et ses opinions jacobines (pour moi c'est un compliment) ; j'avais même eu l'occasion de discuter une fois avec lui. Et je m'étais déjà dit, avant le fiasco complet des collectifs antilibéraux (auxquels, le référendum passé, il avait eu la sagesse de ne pas se mêler), qu'il ferait un incomparable candidat à la magistrature suprême.

 

Mais effectivement, quand le moment est venu de choisir quel candidat le PCF allait soutenir pour l'élection de 2007, je l'ai combattu, et ai soutenu André Chassaigne. J'assume complètement. En effet, avec le recul, je confirme que la direction du PCF n'a pas joué son rôle d'organisateur d'un débat transparent, ni, encore pire, de travail de construction d'une candidature communiste de rassemblement, en faisant valoir ses atouts auprès de ses partenaires du Front de gauche. Mélenchon n'y pouvait rien mais, en l'occurrence, la direction du PCF a capitulé devait lui sans combattre.

 

Il se trouve aussi que le réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" n'a pas été en mesure de prendre un semblant de position sur le sujet ; le débat organisé au stand du Pas-de-Calais à la fête de l'Humanité en fut la traduction. Il n'en sorti rien, sinon la confirmation de l'éparpillement de la myriade de petites chapelles de communistes ayant combattu la mutation de leur parti. Je ne juge pas individuellement ces camarades, mais force est de constater que cet éclatement nous est préjudiciable.

 

Encore aujourd'hui, beaucoup de choses qu'il dit ne me plaisent pas vraiment. Assez peu de nationalisations, promotion de la sortie du nucléaire, absence de lucidité sur l'impossibilité de changer le cours de la construction européenne, sur l'agression impérialiste en Libye et sur celle qui se prépare en Syrie. Quand je vois certains de ses soutiens, j'ai aussi pas mal d'inquiétudes, entre Clémentine Autain, Eric Coquerel ou le décroissant Paul Ariès, c'est vraiment une drôle de salade que cette équipe.

 

A cela s'ajoute que l'exercice bonapartiste qu'est l'élection présidentielle devrait inciter les progressistes à la prudence, et qu'il serait pour le moins étrange que la résurrection politique du mouvement ouvrier ait lieu à l'occasion de cette élection antidémocratique.

 

J'ai donc entamé la campagne plus par discipline que par enthousiasme. Mais il est apparu qu'un brèche s'ouvrait ; dès lors, même si elle n'était pas exactement celle que j'attendais, refuser de s'y engouffrer aurait été objectivement rouler pour l'adversaire : la bourgeoisie sarkozyste.

 

Le premier élément expliquant le succès de la candidature de Mélenchon est en effet d'abord celui d'un contexte, avouons-le, plutôt favorable. Quatre années de crise économique ou le capitalisme montre son insatiable faim de morts, de destruction de pays entiers. L'UMP et le PS sont mouillés jusqu'à l'os dans cette affaire : il fallait donc une autre voie. Mais par ailleurs, sortir de cinq ans de Sarkozy-Fillon n'est pas la même chose que de sortir de cinq ans de Chirac-Raffarin-Villepin : les gauchistes ne voient aucune nuance à droite, mais à voir l'imbécilité de l'actuel (et bientôt ex-) président, on en regrette presque notre Jacquot national. A cela s'ajoute que, de l'autre côté de l'échiquier politique, avoir Poutou et Arthaud en face de soi, ce n'est pas la même chose que Besancenot et Laguiller. Tout ceci assemblé fait que, oui, le terrain était favorable à l'expression d'une ligne politique plus radicale portée par une personnalité forte.

 

Le second élément est l'application, le soucis du détail mis dans chaque élément de la campagne. Il est frappant que rien n'a été oublié, aucun impair, aucune faute tactique, ni dans la stratégie, ni dans la logistique. Ceci a été rendu possible parce que le candidat a été désigné tôt (juin 2010), laissant à ses proches le soin de tout planifier. J'insiste sur le sujet car j'ai encore en mémoire l'année 2006 que nous avons passée à nous engluer dans les collectifs antilibéraux, à nous faire insulter par des trostkystes mâtinés de libertarisme (les mêmes constituent aujourd'hui le Front de gauche, mais ils ont compris qu'insulter les communistes était se tirer une balle dans le pied), à nous diviser nous-même, à nous affaiblir alors même que le vrai combat n'avait pas commencé. Et nous n'avons commencé la campagne qu'en janvier 2007, bien trop tard pour espérer faire du bon travail. Là, dans cette campagne, rien n'est laissé au hasard : les slogans ("Prenez le pouvoir" contre "Rassembler la gauche"), les couleurs, les symboles (la Bastille contre le palais omnisport de Bercy), et même la mise en scène des meetings (la musique annonçant l'arrivée de JLM m'a rappelé celle de Sarkozy en 2007, rythmée et presque dramatisante). Rien à dire, c'est du beau travail.

 

Par ailleurs, quand on entend parler Mélenchon, au delà de ses qualités oratoires, il est frappant de voir à quel point son discours est politique, au sens noble du terme. Beaucoup d'émissions, de journalistes, auraient voulu l'enfermer, comme les autres candidats, dans la bataille technique, chiffrée, celle qui estime, en fait, que la question politique est déjà réglée. Mélenchon, contrairement à Buffet il y a cinq ans, n'est pas rentré dans ce jeu-là. Il a systématiquement reformulé les questions posées en des termes politiques, en en fournissant une réponse politique, pour enfin, seulement, la décliner en une mesure technique (et parfois chiffrée, mais encore une fois, il a eu raison de ne pas en faire trop sur ce terrain). Marie-George Buffet, je m'en souviens parfaitement, avait un programme que j'estime meilleur que l'actuel du Front de gauche ; mais elle s'est engagée dans un discours consistant à ne le défendre que techniquement. La vision politique en était absente, ainsi que le projet de société. Ici avec Mélenchon, on entend le mot "bonheur" comme ambition politique ! Fabuleux, Saint-Just est de retour !

Cette inscription dans le projet proprement politique va de pair avec l'inscription dans l'Histoire avec un H majuscule, l'histoire du peuple, l'histoire du mouvement ouvrier, l'histoire de la gauche. La mutation engagée par Robert Hue et poursuivie par Marie-George Buffet se voulait une rupture avec cette histoire. En conséquence, le discours de cette dernière en 2007 se trouvait fardé d'un second handicap : il était sans âme, sans substance historique. Je me souviens même d'une interview sur RTL où le journaliste s'était étonné de l'obstination de Buffet à ne pas prononcer le mot "ouvrier". Là, rien de tel : les mots de nation, de patrie, d'ouvrier, de planification, de révolution, d'universalisme, de commune sont utilisés, non comme Sarkozy en 2007 pour en faire une salade indigeste, mais pour inscrire notre présent dans cette histoire, et éclairer notre futur. Il a aussi, sans scrupule, défendu l'histoire et l'héritage des communistes français, quand, pendant des années, nos directions laissaient pleuvoir les insultes des journalistes à notre endroit et à celui de nos aînés.

 

Il a aussi eu le courage de placer sa campagne à la hauteur des enjeux, en s'attaquant à l'hégémonie du PS et en revendiquant, d'ici 10 ans, la prise du pouvoir. "La prise du pouvoir" : je me souviens encore de discussion de congrès, au PCF, où je me faisais casser quand je combattais l'inscription dans nos textes de phrases disant "Notre but n'est pas de prendre le pouvoir". Opportunisme de façon à profiter du pouvoir de victoire du PS ou réelle résignation, toujours est-il qu'il était quasiment devenu interdit de revendiquer l'exercice du pouvoir par nous-même au PCF, que ses dirigeants eux-même voulaient voir réduit à jouer le rôle de supplétif du PS.

 

Hier soir à la porte de Versailles, contrairement aux velléités anti-autoritaires des refondateurs du PCF, il a réaffirmé la nécessité de rassembler les militants derrière une direction politique : ce point est capital. La direction du PCF a eu, ces dernières années, tendance à forcer la décision là où il aurait fallu débattre, et à s'engluer dans des discussions sans queue ni tête sur des sujets qui n'en méritaient pas. Car évidemment, quand on doute de sa propre nécessité, comme ça a été le cas après la défaite de 2007, on fait tout n'importe comment.

 

Enfin, un point fondamental a été son attaque frontale contre le FN. Enfin, enfin ! On a enfin vu la gauche sortir de ses incantations moralisatrices face au FN ! Cela faisait des années, sur ce sujet aussi, que je disais qu'il fallait s'en prendre à son programme, pour montrer aux travailleurs qu'il leur serait défavorable. S'en prendre au FN valide aussi, quoi que beaucoup s'en défendent (Mélenchon aussi pour le coup), l'hypothèse selon laquelle l'électorat populaire voire communiste, aurait pu se déplacer vers le FN ; car en effet, si l'électorat FN n'était que bourgeois, alors quel besoin d'en démonter les arguments et de travailler à le récupérer ? Nous travaillons pour être la force politique des travailleurs, pas celle de la bourgeoisie ! Mais, par ailleurs, connaissant un peu certaines régions où il est très fort, je peux assurer que là où le FN a fait 20, 30 ou 40%, dans les campagnes, dans les zones urbaines, il y a des ouvriers. Donc l'initiative de Mélenchon de reconquérir cet électorat est la bienvenue. Le travail n'est pas fini, et il reste à faire reculer le FN encore plus !

 

Là est en effet un enjeu central du premier tour : terminer devant Marine Le Pen. Le PS, pas plus que les autres composantes de la gauche ni les journalistes, n'ont aidé Mélenchon à combattre le poison du FN. Avoir un FN élevé permettait à Mitterrand d'affaiblir la droite. Il sert maintenant de prétexte au PS pour éliminer sa concurrence à gauche. Voir le FN à 15 ou 20% ne dérange pas le PS à condition qu'il soit plus haut ; et pour cela, il ne compte évidemment pas sur son programme ou sa démarche politique, mais uniquement sur le silence à imposer dans les rangs de la gauche, comme si sa misérable politique de collaboration avec les forces de l'argent était la seule possible. Si Jospin avait été un meilleur premier ministre, s'il n'avait pas privatiser à tout-va, s'il avait assumé défendre un programme "socialiste", déjà d'une part, peut-être que l'éparpillement dont il s'est plaint aurait été moins prononcé, mais surtout il aurait probablement suscité moins d'abstention, notamment chez les classes populaire (record de la Ve république en 2002), et rassemblé sur son nom plus que les pauvres 16% de l'époque.

 

Tous ces éléments m'amènent à conclure que cette campagne a été une réussite. Elle a forcé l'intervention populaire dans le débat politique, elle lui a redonné corps et imagination, elle l'a réinscrit dans l'histoire de notre pays. Tout n'est pas réglé, loin de là, et beaucoup de travail nous attend, qui ne s'arrêtera pas avec un simple bulletin de vote. Mais quelque chose est en train de renaître en France, qui éclairera, comme à ses plus belles heures, l'humanité universelle.

 

Alors allons-y, soyons fraternels ! Votons Mélenchon !

 

 

 

 

 

 

 

Par Le fraternel - Publié dans : Politique
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Mardi 20 mars 2012 2 20 /03 /Mars /2012 12:58

 

L’épouvantable attentat contre l’école juive Ozar Hatorah de Toulouse provoque, à juste titre, colère, émotion, et incompréhension. Mais, en pleine campagne électorale, chacun s’empresse de prêcher la « non-récupération », c’est-à-dire de réclamer que nul ne se serve de cette tragédie à son propre profit, notamment politique.

 

Pourtant, les principaux messages de responsables politiques que les médias ont mis en lumière pour témoigner de la compassion qu’ils éprouvaient envers les familles des victimes ne sont pas issus des chefs de partis, mais des candidats à l’élection présidentielle. N’est-ce pas, déjà, réclamer d’eux une mise à l’épreuve dans l’exigence de hauteur et de dignité qu’on attend, précisément, d’un président ?

 

Nicolas Sarkozy retrouve son costume présidentiel, de rassembleur et de protecteur de la nation, après avoir attisé la polémique sur l’abattage rituel pratiqué par les croyants juifs et musulmans ; « ça ne peut pas lui nuire » affirme son entourage. Tu m’étonnes.

 

Et Marine Le Pen prétend qu’il n’y a plus de droite ni de gauche en ce moment, moins d’un mois après que son père a cité Robert Brasillach, collabo antisémite notoire.

 

Ainsi donc, on pourrait dire tout et n’importe quoi contre n’importe quelle communauté et se laver les mains des conséquences dramatiques de l’instillation du poison du racisme dans la société ?


François Bayrou a relevé que le climat était propice à la haine et à la stigmatisation ; Jean-Luc Mélenchon a été un peu plus explicite en réclamant que chacun fasse attention à ses déclarations et à ses citations. Ils ont eu raison.

 

On ne peut pas, au prétexte de récupérer les voix de l’extrême-droite, passer son temps à mettre en pratique son discours et ses propositions et faire semblant de s’étonner que l’antisémitisme et le racisme se propagent en France, et débouchent sur de pareils crimes.


La droite et ses alliés est ici d’une malhonnêteté qui devrait la confiner à la honte. Le président du CRIF, lui, ami de Sarkozy s’il en est, a écarté d’emblée tout lien entre les polémiques récentes et la tuerie de Toulouse, allant même à privilégier, alors qu’il ne s’agit que d’une hypothèse parmi d’autres, « l’islamisme radical », alors que le lien avec les assassinats de militaires (antillais et musulmans) des jours derniers est avéré.

 

Juppé a fustigé la déclaration de Bayrou, au nom de « l’unité nationale ». Mais précisément, c’est cette unité que la politique que la droite a mené depuis 10 ans qui a été fragilisée, en instillant le racisme, la stigmatisation, la division. Et elle qualifie leur dénonciation « d’ignoble » ?

 

Mais qu’attendons-nous pour la mettre dehors ?

 

 

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Jeudi 1 mars 2012 4 01 /03 /Mars /2012 13:17

 

Depuis que le candidat socialiste a émis une proposition de réforme fiscale bolchevisante, la France gronde. Une régression sans nom est en préparation si ces rouges de socialos prenaient le pouvoir : nous, les riches verriont nos revenus supérieurs à un million d'euros imposés à 75%. 

 

Heureusement, nos portes-parole, Nicolas Sarkozy, les footballeurs, et l'ensemble de l'élite, ont rapidement pris position : la France est menacée de perdre ses génies, sa crème, ceux sans lesquels elle ne serait rien. La France n'est en effet composée que de deux catégories de gens :

 

- les génies, ceux du sport, de la finance, des arts, du patronat : nous ;

- et les nuls : le peuple.

 

Nous, les premiers, sommes, c'est vrai, des génies ; en aucune façon nous eu besoin que l'Etat investisse dans les écoles, dans les infrastructures, dans le personnel. Nous formons une race supérieure. Notre suprême récompense, c'est l'argent. Gagner des millions est la conséquence normale, logique, et même morale, de notre statut supérieur, de notre composition intrinsèquement et naturellement meilleure que celle du citoyen moyen, ouvrier, médecin ou employé.

 

Nous sommons ceux-ci de récompenser les surhommes qui leur font l'honneur de vivre parmi eux, de les illuminer de leurs passements de jambes, de leurs inventions, de leurs créations littéraires, et même, surtout, de leur donner du travail.N'a-ton rien retenu de ces milliers de perruquiers qui ont perdu leur travail quand la Révolution française a abattu la noblesse ?

 

Dès lors, le bas-peuple, au sens propre, doit reconnaitre son infériorité congénitale, et l'ordre social et politique doit l'acter. Nous, le haut-peuple, qui formons la véritable race des seigneurs, doit pouvoir bénéficier de droits supérieurs, comme celui de payer peu d'impots, voire de se soustraire à l'exercice de la citoyenneté en quittant le territoire national. Les médiocres, eux, doivent rendre les derniers hommages à notre divine classe, nous applaudir, payer pour nous admirer, et nous déléguer le droit de représenter la France dans le monde ; car la France, c'est nous.

 

Amis riches, frères fortunés, camarades millionnaires : unissons-nous ! Oui, parce que nous le valons bien, nous devons continuer d'exiger d'etre respectés pour ce que nous sommes : la lumière parmi les ténèbres, l'élite parmi la médiocrité, la distinction parmi la vulgarité. Que serait ce pays sans nous ? Que serait la France, que seraient nos idéaux si les meilleurs d'entre nous étaient traités comme le commun des mortels ?

 

Nous ne nous résignons pas à voir notre pays sombrer dans le fiscalisme, dans l'égalitarisme vulgaire instillé par la république rouge, dans l'idée que tout se vaut, que tous se valent, et pourquoi pas, soyons fous !, à voir nos enfants aller à l'école publique.

 

Et puis quoi encore ? Ensemble, les forts, les riches, les beaux, les talentueux, nous voulons, nous devons le rester.

 

Coblençards du XXIe siècle, ensemble, votons Nicolas Sarkozy.

 

 

Par Le fraternel - Publié dans : Politique
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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 11:03

 

Mettre une police sans-serif dans un document entier écrit avec LaTeX est possible. Mais on se prive de l'élégance de la police standard des documents écrits avec LaTeX, et en plus si on met un \times dans une équation, on voit mal la différence avec x. Bref, j'ai préféré restreindre le sans-serif aux titres, titres de théoèmes et légendes de figures et tableaux. Voici comment je m'y suis pris.

 

1. Pour les titres, c'est simple :

\usepackage{sectsty}

\allsectionsfont{\sffamily}

 

Tous les titres, de \part à \subparagraph, passent en sans-serif, en gardant le gras.

 

2. Pour les théorèmes :

\usepackage{amsthm}
\newtheoremstyle{newthm}% name of the style to be used
  {0.5cm}% measure of space to leave above the theorem. E.g.: 3pt
  {0.5cm}% measure of space to leave below the theorem. E.g.: 3pt
  {\itshape}% name of font to use in the body of the theorem
  {0pt}% measure of space to indent
  {\sffamily\bfseries}% name of head font : C'EST LA QUE LE SANS-SERIF EST GLISSE !
  {~---~}% punctuation between head and body
  { }% space after theorem head; " " = normal interword space
  {}% Manually specify head
\theoremstyle{newthm} %% Là j'impose le nouveau style de théorème.
\newtheorem*{theoreme}{Théorème} %% Là je créé mon nouveau type de théorème ; l'étoile signifie juste que je ne veut pas qu'ils soient numérotés.

 

3. Pour les flottants :

%% Les intitulés des flottants

\addto\captionsfrenchb{\def\tablename{\bfseries\textsf{Tableau}}}
\addto\captionsfrenchb{\def\figurename{\bfseries\textsf{Figure}}}

%% Les numéros des flottants : si on ne redéfinit pas leur écriture, ils ont la police standard du texte, et ce n'est pas ce qu'on veut.

\renewcommand{\thefigure}{\textsf{\arabic{section}.\arabic{figure}}}
\renewcommand{\thetable}{\textsf{\arabic{section}.\arabic{figure}}}

%% Et puisqu'on y est, autant faire pareil avec les sous-figures (à condition d'avoir mis \usepackage{subfigure}) :
\renewcommand{\thesubtable}{\bfseries\textsf{(\alph{subtable})}}
\renewcommand{\thesubfigure}{\bfseries\textsf{(\alph{subfigure})}}

 

 

Par Le fraternel - Publié dans : LaTeX [logiciel de traitement de texte]
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Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 13:41

 

Tout a été dit sur les inepties prononcées par le ministre Claude Guéant, sa fausse ignorance, et surtout sa réelle perversité à instrumentaliser sans scrupule une fausse évidence, à lui donner une reconnaissance d'Etat, ce uniquement à des fins électoralistes. Récupérer les suffrages électoraux de l'extrême-droite : voilà l'unique obsession de l'UMP maintenant. Il s'agit d'un sordide électoralisme, qui révèle, parmi toutes les idioties portées par la droite d'aujourd'hui, son absence de sens de l'histoire. Sarkozy a passé toute la campagne de 2007 et tout son quinquennat à gesticuler et à maltraiter l'histoire comme un simple joujou dont on se servir, que l'on peut tordre à loisir, uniquement à son profit personnel. Fi des mémoires, fi de la vérité, fi des réconciliations : tout est bon pour gagner des voix.

 

Je n'ai que du mépris pour ces salauds. Ils sèment inconsidérément les germes de la division, de la haine ou, au moins, de la méfiance. Ils veulent voir la société divisée à leur profit exclusif, et donnent corps à de fausses segmentations : "la France qui se lève tôt" contre les chômeurs forcément fraudeurs, les personnes en bonne santé contre les malades qu'il faut forcément responsabiliser, les français contre les étrangers nécessairement dangereux, et maintenant la civilisation occidentale contre toutes les autres. Et quoi ensuite ? Les blancs contre les jaunes forcément sournois, les blancs contre les noirs forcément fainéants...

 

A vrai dire, je savais que les sarkozystes étaient des fumiers, ignorants, intéressés seulement par l'argent, méprisants pour tout ce qui ne se rapporte pas au pouvoir ou à la domination. Mais faire de sa bêtise un argument électoral, ou pire, une pensée d'Etat, lorsqu'elle touche au respect des cultures et des civilisations, je ne m'attendais pas à ce que le débat politique prenne un virage si dégueulasse et boueux. Cela va tellement à l'encontre de tout ce qui a été bâti depuis la IIe guerre mondiale, de Levi-Strauss à l'Organisation des nations unies, de la décolonisation à la coopération, à l'encontre, aussi, d'une certaine tradition humaniste que, pourtant, la droite a porté pendant un certain temps et que, n'étant pas de droite moi-même, je pouvais lui reconnaître néanmoins. Oui, j'assimile ces virages à des coups-bas. Si la politique avait des règles, ils seraient considérés comme des fautes méritant l'exclusion.

 

pensee_sauvage.jpgPar ailleurs, sans me targuer d'être un savant au prétexte de pouvoir dire "J'ai lu ceci", je dois quand même dire que lire les bouquins de Levi-Strauss m'a à la fois ouvert les yeux, ouvert à des pans de l'humanité qu'évidemment je ne soupçonnais pas, enthousiasmé par la beauté de l'écriture, et intéressé sur le fond en raison de la profondeur des analyses livrées. Je me souviens ainsi très bien de la quatrième de couverture de "La pensée sauvage" : la pensée sauvage, et non la pensée des sauvages... ou de certains chapitres de "Race et histoire", dont le célèbre passage "Le barbare, c'est d'abord celui qui croit à la barbarie".

 

Et je me pose la question : comment en est-on arrivé là ? Si de tels propos sont possibles aujourd'hui à la tête de l'Etat, c'est qu'il est possible de les tenir.

 

Et je m'inquiète : que nous réserve l'avenir ? Que sera la France dans dix ans, vingt ans, si ces "civilisés de la barbarie" ne sont pas chassés bientôt par les "barbares de la civilisation" (la vraie, l'universelle) ?

 

Et pire : que pensera-t-on de notre triste époque dans vingt ans, dans cinquante ans ? Nous vivons une époque sordide, en effet : le fascisme est à nos portes, je le crois ; les marchés financiers dominent outrageusement, ont le pouvoir de choisir les chefs de gouvernement des pays les plus faibles, en affamant littéralement, comme en Grèce, des pays entiers ; des entités se constituent au dessus des peuples, et agissent contre eux sans aucune légitimité démocratique, telles que l'union européenne, l'OTAN ou le G20 ; et les guerres se font plus nombreuses, partout dans le monde. Un coup de frein et une réorientation totale de la société sous à opérer, sous peine de vivre très bientôt dans l'horreur quotidienne.

 

Ce qui est dangereux est, aussi, notre accoutumance à cette horreur banalisée. Ce basculement vers ces sombres horizons ne s'effectuent pas brutalement, mais par petites touches successives. Un fait divers monté en épingles ? Oui, les jeunes sont dangereux, et c'est vrai que les étrangers sont dangereux... Un dictateur vraiment répressif ? Alors entrons en guerre, c'est pour la bonne cause...

 

Je n'aime pas l'époque dans laquelle je vis ; et pourtant, je n'ai pas le choix : c'est ce monde qui m'est donner de transformer, sans solution de rechange.

 

 

 

 

 

 

 

Par Le fraternel - Publié dans : Politique
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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 20:06

 

Je travaille dans une discipline, la géodésie, qui est dans la périphérie scientifique du domaine touchant à l'information géographique. Celle-ci s'est vu affublée d'un ignoble néologisme : la géomatique.

 

Ceux qui l'ont inventé ne l'ont pas fait parce qu'un besoin objectif existait de donner un nom à une chose nouvelle, non, mais simplement pour lui donner une visibilité, pour se faire remarquer, un peu comme pour marquer une singularité doublée d'un souffle nouveau marqué, évidemment, par une idée de modernité, de technologie. Et en effet, c'est ce qu'on nous dit : la géomatique, c'est l'information géographique et son traitement automatisé par informatique.

Alors là je lève mon nez, et je regarde autour de moi, je lis un peu les journaux, et je me renseigne. Il me semble, de loin, que les astrophysiciens et astronomes traitent, avec les sondes spatiales, les télescopes énormes et tous les instruments qui sont les leurs, des quantités faramineuses de données. Pourtant ils n'ont pas renommé leur discipline astromatique. De même, les physiciens, en général, qu'ils soient nucléaires, mécaniciens des fluides, géophysiciens, ont, eux aussi, des tonnes et des tonnes de données à gérer et à traiter. Je ne sache pas qu'ils aient eu besoin de modifier le nom de leur discipline en physimatique. La Sécurité sociale gère elle aussi quantité de données, de même que le ministère des finances, sans parler des marchés financiers eux-mêmes. Pourtant, je ne crois pas que le dictionnaire ait eu besoin d'insérer de nouveaux mots comme santématique, impômatique ou bien fricomatique.Les historiens, eux aussi, comme leurs collègues archivistes, ont des montagnes de données à traiter et analyser, de même que les ethnologues ou les sociologues ou les linguistes. Pourtant, je n'ai jamais entendu parler d'histomatique, d'archimatique, d'ethnomatique, de sociomatique ou de linguimatique.

 

Bref, je milite pour que le terme de géomatique disparaisse, au profit, très simplement, de l'information géographique ou, mieux, de la géographie.

 

 

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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 11:43

Une fracture de la clavicule m'empêche d'écrire autant que je le souhaiterais... Pourtant :

 

- langues régionales : danger, Hollande veut ratifier la charte européenne des langues minoritaires, qui instaure la possibilité, non seulement d'enseigner une langue régionale, mais de prodiguer tout l'enseignement dans cette langue ; unité de la république et égalité des citoyens sur l'ensemble du territoire mise à mal. En parallèle de ça, le français recule lentement mais sûrement, dans la publicité, dans le domaine technique, scientifique, économique et commercial, au profit de l'anglais, véritable vecteur de l'idéologie néolibérale anglosaxonne.

 

- génocide arménien : la gôche bien-pensante est trop heureuse de se vautrer dans le kouchnérisme, sans parler de l'instrumentalisation sarkozyste de ce drame : anti-turque, anti-musulmane (les Arméniens sont chrétiens). Mise à mal de l'histoire en tant que discipline autonome, et création d'un précédent fâcheux, qui risque d'encourager les revendications mémorielles de groupes particuliers au lieu de travailler construire un avenir commun. Sans parler de la posture consistant à dicter à un pays ce qu'il doit penser, et notamment de son histoire... c'est aux peuples arménien et turc de travailler à leur réconciliation, à la reconnaissance de la vérité sur les crimes commis, et avec les encouragements de la communauté internationale, mais sûrement pas à la France de prendre parti pour l'un contre l'autre.

 

- Syrie : là encore, la gauche spontanée et droit-de-l'hommiste emboîte le pas à la diplomatie sarkozyste, sans se rendre compte que : 1. l'opposition réelle en Syrie est structurée autour des islamistes ; 2. ceux-ci sont organisés et financés par l'Arabie saoudite et le Qatar, meneurs de la contre-révolution dans l'ensemble du monde arabe, avec l'appui de l'OTAN et de la Turquie ; 3. ce n'est qu'un moyen détourné de s'en prendre à l'Iran ; 4. vue la composition confessionnelle de la Syrie, et la nature laïque du régime, il est à craindre une vengeance des sunnites sur les minorités en cas de chute du Baas ; 5. cette chute ne resterait pas sans réponse de la part du Hezbollah au Liban ; 6. les Palestiniens perdraient à cette occasion un des seuls derniers Etats arabes à les soutenir.

 

- Mélenchon : il fait une assez bonne campagne. Je demeure cependant persuadé que le PCF a perdu 10 ans, depuis 2002, à ne pas s'adresser aux ouvriers. Un retour vers eux semble s'amorcer, timidement, mais est-ce une volonté réelle d'organiser la classe ouvrière et de la faire s'exprimer, ou bien se s'agit-il que d'une posture électorale ? En tout cas il y a un chantier énorme, car : 1. les sondages montrent que 30 à 40% des ouvriers voteraient Le Pen ; 2. le taux de pénétration des idées du Fdg est au même niveau chez les cadres supérieurs et les ouvriers (environ 7%), ce qui me pose, moi, un vrai problême. Je continue de penser que Chassaigne aurait pu mieux faire passer nos idées dans les classes populaires et rurales, bien qu'avec probablement une capacité de débatteur médiatique inférieure.

Par Le fraternel - Publié dans : Politique
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Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 19:38

 

Le sujet est un peu passé, et je n'ai pas eu le temps de le critiquer. Vous lirez sur le blog de Descartes, à cette adresse : http://descartes.over-blog.fr/article-pourquoi-la-gauche-se-trompe-sur-le-vote-des-etrangers-91981748.html
ce que je partage avec lui sur la question. En particulier, il est sidérant de voir que la gauche s'apprête à enfoncer un coin dans le concept d'égalité sans même s'en rendre compte.

Mon intérêt se porte sur la notion de nationalité. Deux conceptions s'affrontent grosso modo sur le sujet :

 

- le droit du sol : celui qui naît ici est un national ;

- le droit du sang : celui qui a des parents nationaux est un national.

 

La conception française, républicaine, repose sur la première. En particulier, je ne peux pas ne pas citer la constitution de la Première république, adoptée le 24 juin 1793 :

 

Article 4. - Tout homme né et domicilié en France, âgé de vingt et un ans accomplis ; - Tout étranger âgé de vingt et un ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année - Y vit de son travail - Ou acquiert une propriété - Ou épouse une Française - Ou adopte un enfant - Ou nourrit un vieillard ; - Tout étranger enfin, qui sera jugé par le Corps législatif avoir bien mérité de l'humanité - Est admis à l'exercice des Droits de citoyen français.

 

Autrement dit : celui qui vit ici, celui qui adhère au projet politique de la révolution est considéré comme un national. C'est une définition révolutionnaire. La nationalité n'est pas vue comme un caractère identitaire ("je suis français parce que je suis d'ici") ou biologique ("je suis français parce que mes ancêtres sont français"), mais comme un droit auquel peut prétendre celui qui est né en France, indépendamment des origines de ses parents, comme celui qui, n'y étant pas né, y vit. Naturellement, une mise à jour des critères permettant l'admission à la nationalité serait nécessaire (et a déjà eu lieu plusieurs fois), mais le principe demeure. La politique de régression conduite par la droite au pouvoir conduit à restreindre et à durcir les moyens de naturalisation mais la nationalité "à la française" ne repose toujours pas sur le droit du sang, malgré les revendications de l'extrême-droite. C'est l'adhésion au projet politique de la république qui fait que l'on exprime le projet de devenir français. J'ai même envie de dire : qui que l'on soit, on ne naît pas français, on le devient.

Qu'adviendrait-il si les étrangers acquéraient le droit de vote ? Cela signifierait, déjà, et comme souligné sur le blog de Descartes, la création d'une catégorie de gens dotés de droits partiels : s'ils ont le droit de vote, ils n'auraient cependant pas accès à d'autres droits constitutifs de la nationalité, notamment la protection consulaire et l'accès à la fonction publique.

 

Mais, en termes de nationalité, cela signifierait que, désormais, il n'est plus besoin d'adhérer au projet de la Grande Révolution pour devenir français. Et réciproquement, cela enfermerait la nationalité dans une conception qui ne serait plus politique, mais identitaire : on ne serait plus français que parce qu' "on est d'ici" ou "on a des parents français".

 

On répond souvent qu' "il ne faut forcer personne à devenir français" : mais personne ne veut les forcer, justement. La double nationalité existe pour un certain nombre de pays. Et pour les autres, proposer à leurs ressortissants le droit de vote sans la nationalité les conforterait dans l'approche identitaire de leur nationalité de départ, autant que dans celle de la nationalité française. Et je ne parle même pas du problème posé par ceux qui, de nationalité étrangère et ayant le droit de vote en France, exerceraient aussi, à distance, ce droit à l'occasion des élections dans leur pays.

 

La générosité dégoulinante et abrutie de la gauche, qui a perdu tous ses repères idéologiques et historiques cache en réalité la création d'une société fragmentée qui reviendrait sur l'acquis éminemment progressiste de la nationalité à la française.

 

 

Par Le fraternel - Publié dans : Politique
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Au printemps de quoi rêvais-tu ?
Vieux monde clos comme une orange
Faites que quelque chose change
Et l'on croisait des inconnus
Riant aux anges
Au printemps de quoi rêvais-tu ?

Au printemps de quoi riais-tu ?
Jeune homme bleu de l'innocence
Tout a couleur de l'espérance
Que l'on se batte dans la rue
Ou qu'on y danse
Au printemps de quoi riais-tu ?

Au printemps de quoi rêvais-tu ?
Poing levé des vieilles batailles
Et qui sait pour quelles semailles
Quand la grève épousant la rue
Bat la muraille
Au printemps de quoi rêvais-tu ?

Au printemps de quoi doutais-tu ?
Mon amour que rien ne rassure
Il est victoire qui ne dure
Que le temps d'un Ave, pas plus
Ou d'un parjure
Au printemps de quoi doutais-tu ?

Au printemps de quoi rêves-tu ?
D'une autre fin à la romance
Au bout du temps qui se balance
Un chant à peine interrompu
D'autres s'élancent
Au printemps de quoi rêves-tu ?

D'un printemps ininterrompu

 

 

Jean Ferrat

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